Vainqueur, la veille, de la cinquième étape du Tour de Catalogne, Julien Simon a confirmé avec un nouveau résultat majeur sur la course espagnole : une troisième place derrière Samuel Sanchez et Allan Davis. "Faire deuxième ou troisième ? C'est pareil", commente le Breton, qui a été surpris par l'attaque du coureur d'Euskaltel-Euskadi dans une bosse à deux bornes du but, et aurait évidemment aimé s'imposer à nouveau.
Du repos puis de l'action
La journée a commencé de la plus traditionnelle des façons avec la formation de l'échappée du jour. Trois Français à l'avant (Cédric Pineau, David Moncoutié et Mikael Cherel) et pas de Saur-Sojasun. "L'idée, c'était d'essayer de récupérer un peu après deux journées à tirer sur la corde", explique le DS Lylian Lebreton. Les attaquants repris, l'arrivée sur le circuit coincidait avec le réveil des ambitions de Julien Simon, vainqueur la veille. "Quand j'ai vu que c'était en vire-vire, avec une succession de montées et de descentes, de relances nerveuses, je me suis dit qu'avec un peu de chance, les gros sprinteurs ne basculeraient pas", commente le coureur, qui a vu juste puisque son punch lui a permis de prendre les devants avant la flamme rouge.
Lebreton : "On est dans la bonne spirale"
Problème : Samuel Sanchez était sorti un peu plus tôt et avec Damiano Cunego et Jurgen van den Broeck, Julien Simon ne pouvait revenir à temps sur l'Asturien. En lançant son sprint de loin, il défend une troisième qui vient bonifier son bilan de la semaine, qu'il ne voulait pas limiter à une victoire d'étape. "On est dans la bonne spirale", rebondit Lylian Lebreton. Stéphane Heulot n'est pas moins satisfait. Le manager général de Saur-Sojasun a suivi les évènements "avec attention"et savoure l'éclosion de son protégé : "J'avais peur qu'il se relâche et finalement j'ai le sentiment que la confiance est bien là. Quand c'est le cas, il peut être extrêmement fort. C'est le déclic que l'on attendait tous pour lui, j'espère." L'étape de dimanche, la dernière du programme, peut permettre à nouveau l'expression de ses qualités.
Le classement de l'étape
1. SANCHEZ Samuel (Euskaltel-Euskadi)
2. DAVIS Allan (GreenEDGE)
3. SIMON Julien (Saur-Sojasun)
Le classement général
1. ALBASINI Michael (GreenEDGE)
2. SANCHEZ Samuel (Euskaltel-Euskadi)
3. VAN DEN BROECK Jurgen (Lotto-Belisol)
Les déclarations complètes
Stéphane Heulot, manager général : "J'ai regardé tout ça avec attention. Jean-Marc Marino a fait un boulot extra. Les autres aussi. Dans la bosse aux deux kilomètres, Julien Simon a pu être placé facilement. C'était un sprint de moelleux et il est encore là. J'avais peur qu'il se relâche et finalement j'ai le sentiment que la confiance est bien là. Quand c'est le cas, il peut être extrêmement fort. C'est le déclic que l'on attendait tous pour lui, j'espère. Entre Paris-Nice et la Catalogne, on a beaucoup parlé avec Julien. Ce qui m'avait déçu, ce n'était pas ses résultats mais son comportement : quand tout va bien, rien ne l'arrête, mais quand un truc va de travers, il s'en sert d'alibi pour expliquer ses prestations en deçà de ce que l'on peut attendre. J'ai essayé de faire passer le message du mieux que j'ai pu en prenant en compte de sa fragilité. Les coureurs ont aussi fait un gros travail auprès de lui. C'est un garçon intelligent, donc il a mis en application. Maintenant, on attend qu'il confirme régulièrement sur les très grandes courses, comme sur le Tour de France."
Lylian Lebreton, directeur sportif : "Encore une journée satisfaisante. L'idée, c'était d'essayer de récupérer un peu après deux journées à tirer sur la corde. Le profil faisait que l'étape serait favorable à un sprint. Il fallait se reconcentrer à l'entrée dans le circuit final pour décrocher quelque chose. C'est ce que les gars ont fait à la perfection, avec la régularité qu'arrive à mettre Julien Simon à ce niveau. C'est génial ! Il a fallu qu'il se remette du choc émotionnel d'une gagne à un tel niveau. Il a super mal dormi, mais il a pu se remettre dedans et faire les choses bien. On est dans la bonne spirale."
Julien Simon, 3e : "Samuel Sanchez est sorti à deux kilomètres de l'arrivée dans une petite bosse. Jean-Marc Marino m'a placé et quand l'Espagnol est sorti en haut, j'ai suivi Damiano Cunego et Jurgen van den Broeck. On était à contre temps et dans la dernière ligne, on avait quelques secondes de retard. Le peloton était en file indienne, alors j'ai lancé mon sprint d'assez loin. Je fais troisième. J'avais pensé à la victoire quand je suis arrivé sur le circuit final et que j'ai vu que c'était en vire-vire, avec une succession de montées et de descentes, de relances nerveuses. Je me suis dit qu'avec un peu de chance, les gros sprinteurs ne basculeraient pas. C'est ce qu'il s'est passé. Faire deuxième ou troisième ? C'est pareil."